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Informatique et télecoms

Comment les opérateurs télécoms se préparent à la fin du roaming

14 Mars 2017 , Rédigé par Informatelecom

Comment les opérateurs télécoms se préparent à la fin du roaming

La fin, en juin 2017, des surcoûts payés lors de l’utilisation du téléphone portable depuis l’étranger, va engendrer un manque à gagner pour les opérateurs télécoms. Free a pris de l’avance, mais Orange, SFR et Bouygues Telecom s’y préparent aussi.

Le roaming, ces surcoûts que l'on paye lors de l'utilisation de son téléphone portable depuis l'étranger, représentent une manne pour les opérateurs télécoms. Mais en Europe, la Commission européenne a décidé d'y mettre un terme à partir de juin 2017. Avec sa nouvelle offre , Free prend donc un temps d'avance en « abolissant les frais de roaming » comme le dit Xavier Niel, fondateur de l'opérateur, dans un tweet publié mardi. C'est-à-dire en les supprimant, dès aujourd'hui, pour tous ses abonnés, et pendant toute l'année, dans plus de 35 pays.

Si Free est le plus avancé, tous les opérateurs télécoms se préparent à cette grande échéance qui va impacter leurs revenus. En France, Bouygues Telecom, SFR et Orange ont déjà eux aussi des forfaits mobiles incluant les frais d'itinérance en Europe (donc au même tarif qu'en France), mais ils concernent surtout leurs offres haut de gamme. Et souvent, ces offres sont limitées dans le temps (35 jours par an, par exemple).

'équation n'est pas simple pour eux. « Si l'opérateur anticipe trop vite la fin du roaming, il peut perdre des revenus. S'il va trop lentement, il peut perdre des parts de marché », résume Sylvain Chevallier, associé chez BearingPoint. Chez Bouygues Telecom, on assure par exemple que les forfaits évolueront « en temps et en heure, en conformité avec la nouvelle réglementation européenne ».

Manque à gagner

Pour les « telcos », le roaming va se traduire par un manque à gagner. Chez Orange, on a déjà fait les comptes : ce sont 150 millions d'euros d'Ebitda (résultat brut d'exploitation) qui pourraient faire défaut cette année par rapport à 2016 (soit 1,2 % de l'Ebitda 2015). Cela représente surtout une part assez significative des revenus entreprises des opérateurs : 10 % à 15 % de la facture, environ. C'est beaucoup moins sur la partie grand public.

En moyenne, en Europe, 5 % des revenus des opérateurs dans le mobile pourraient être impactés. Ils vont perdre les surcoûts facturés aux clients lorsqu'ils sont à l'étranger. Et, en plus, les frais d'interconnexion, c'est-à-dire les reversements des opérateurs télécoms entre eux : quand un abonné Orange se rend en Allemagne, par exemple, il emprunte le réseau de Deutsche Telecom et Orange paye l'opérateur allemand pour cela. « La période de vacances qui est traditionnellement profitable pour les opérateurs pourrait finalement leur coûter de l'argent », estime Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James.

Augmentation des prix

Bien sûr, aujourd'hui, les opérateurs cherchent le moyen de compenser ces pertes de marges. On pourrait ainsi avoir des augmentations de forfaits, dans certains pays. C'est déjà le cas en Allemagne par exemple, alors que le pays envoie chaque année de gros contingents de touristes dans les pays du Sud de l'Europe. A priori, cela ne devrait pas concerner la France, qui pratique parmi les tarifs les plus bas d'Europe et reste pour l'instant un marché très concurrentiel avec quatre opérateurs...


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