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Informatique et télecoms

Altice-SFR prêt à déployer le très haut débit sur tout le territoire, sans argent public

12 Juillet 2017 , Rédigé par Informatelecom

L’opérateur télécoms fait des propositions au gouvernement.Objectif revendiqué : accélérer le déploiement de la fibre optique.

C'est ce qui s'appelle jeter un pavé dans la mare... Cinq jours après la réunion organisée par Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, avec les opérateurs télécoms, au cours de laquelle il leur a demandé de «définir une feuille de route détaillée dès septembre » pour accélérer le déploiement de la fibre optique et de la 4G - donc le très haut débit - sur tout le territoire, SFR dégaine ses propositions.

Et quelles propositions ! « Nous allons fibrer intégralement la France et ce, sans argent public » , annonce aux « Echos » Michel Paulin, directeur général de SFR. Dans un courrier adressé notamment au Premier ministre, Edouard Philippe, et dont « Les Echos » ont eu connaissance, l'opérateur au carré rouge propose d'investir « massivement » pour fibrer « 80 % du territoire en 2022 et 100 % en 2025 ».

L'opérateur veut changer les règles du jeu

Une position clairement iconoclaste, car elle remet en cause le plan Très Haut Débit, ce vaste chantier à 20 milliards d'euros, tel qu'il a été conçu par l'Etat. Celui-ci a divisé la France en trois zones : les grandes villes, les agglomérations de taille moyenne et les campagnes. Si, dans les premières, chaque opérateur déploie son réseau, pour les secondes en revanche le déploiement de la fibre est réparti entre Orange et SFR, le premier en ayant 90 % et le second 10 %.

Sauf que, depuis la signature de cet accord de répartition, SFR a changé d'actionnaire. Et que le nouveau propriétaire, Patrick Drahi, réclame une nouvelle répartition à 50-50. Orange ne veut rien entendre : ces zones lui sont attribuées et il a déjà commencé à déployer la fibre partout : impossible de les restituer à quiconque, plaide-t-il.

 

Crime de lèse-majesté

De guerre lasse, SFR rue aujourd'hui dans les brancards en proposant de construire son propre réseau en parallèle de celui d'Orange ! Un crime de lèse-majesté... Et ce n'est pas tout. Dans les zones les moins rentables du territoire, où les opérateurs privés rechignent à investir mais qui concernent 15 millions de foyers, l'Etat a décidé de créer et de financer avec les collectivités territoriales des réseaux d'initiative publique. Ceux-ci sont construits par l'opérateur télécoms qui remporte l'appel d'offres.

Or, SFR propose de déployer la fibre sur l'ensemble de ces zones, sans subvention publique ! Dans certaines campagnes, cela reviendrait à déployer un réseau privé en parallèle du réseau public financé par les collectivités locales. Un « écueil impardonnable », selon les termes de Sébastien Soriano, président de l'Arcep, le régulateur des télécoms, qui évoquait récemment cette hypothèse lors des Assises du Très Haut Débit.

Casser les règles du jeu

C'est bien simple, résume SFR dans son courrier : avec ce schéma, l'Etat économiserait « entre 8 et 15 milliards d'euros.» Sans compter « la création de dizaines de milliers d'emplois locaux pour la réalisation de ces projets de déploiement. » Pour SFR, cela lui permettrait de gagner un maximum de parts de marché dans la fibre, là où Orange est dominant aujourd'hui. « SFR peut déployer sur fonds propres la fibre sur tous ces territoires et pourra, bien entendu, donner accès à son réseau aux autres opérateurs  », prend-t-il soin de préciser dans sa lettre.

La position de SFR ne devrait pas manquer de faire bondir les acteurs des télécoms, en particulier Orange, son premier concurrent


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Le NRA-MeD, C'est quoi ?

1 Juillet 2017 , Rédigé par Informatelecom

Le NRA Zone d’ombre (NRA ZO) est une solution technique filaire sur la boucle locale cuivre consistant à créer un nouveau noeud de raccordement d'abonnés (NRA) couvrant intégralement ou partiellement une zone d'ombre. L'objectif du NRA-ZO est donc de rendre éligibles des lignes téléphoniques sur lesquelles l'ADSL n'était pas disponible (affaiblissement supérieur à 78dB).

Dans le cadre de la politique de montée en débit sur la sous-boucle locale cuivre, l'offre de gros NRA-ZO de France Télécom a été remplacée par l'offre PRM (Point de raccordement mutualisé). La conséquence est de renommer le NRA-ZO en NRA-MeD (montée en débit) et de systématiquement relier le sous-répartiteur avec de la fibre optique, en prévision de futurs raccordements de la fibre jusqu'à l'abonné (FTTH).

La solution NRA Zone Ombre est officiellement disponible dans l’offre de référence d’accès à la boucle locale de France Télécom depuis le 11/06/2007. Le NRA-ZO vient ainsi enrichir la gamme de solutions techniques envisageables pour les collectivités locales qui souhaitent réduire la fracture numérique sur leur territoire. Depuis juillet 2011, le NRA-ZO est remplacé par le NRA-MeD (Montée en débit).

 

Comment fonctionne un NRA-ZO (ou NRA-MeD) ?

Techniquement, un NRA ZO n'est ni plus ni moins qu'un NRA. Le principe est donc d'installer un DSLAM à proximité immédiate d'un sous-répartiteur (SRA). France Télécom transforme ainsi un équipement à l'origine destiné uniquement à la téléphonie analogique en un "mini central" capable de fournir également l'internet haut débit via l'ADSL.

 

Concrètement, un mutliplexeur ADSL (DSLAM) est relié à une armoire de rue sur laquelle sont connectées les lignes téléphoniques trop éloignées du noeud de raccordement d'origine. En rapprochant le DSLAM du modem des abonnés, l'affaiblissement du signal ADSL est considérablement diminué.


NRA-ZO

Au final, une ligne située à 6 kilomètres du central téléphonique principal (inéligible avec 80dB ) est transférée sur le nouveau NRA-ZO situé à moins de deux kilomètres (souvent moins !). Du coup, son atténuation est divisée par 5 ou par 10 et permet une connexion ADSL performante.

 

Le NRA-MED : une solution doublement avantageuse

En plus de fournir de l'ADSL aux internautes jusqu'ici inéligibles, l'installation d'un NRA-Zone d'Ombre augmente aussi les débits des autres lignes téléphoniques déjà éligibles. Des connexions "en bout de ligne", jusqu'ici dépendantes de la technologie ReADSL, gagnent en vitesse et ne sont plus limitées à la vitesse de 512Kbits.

 

Une fois que le NRA-ZO est relié au SRA, tous les opérateurs sont en mesure de proposer leurs services aux clients. En clair, les fournisseurs d'accès alternatifs ont la possibilité de proposer leurs offres ADSL en zone non-dégroupées via le DSLAM de France Télécom, ou bien d'installer directement leurs propres équipements. Théoriquement, Free, SFR et Bouygues peuvent donc dégrouper les NRA ZO mais la faible rentabilité de ces zones est visiblement un frein pour les opérateurs alternatifs.

 

Coût et mise en oeuvre du NRA MeD

En tant qu'opérateur historique, France Télécom est le propiriétaire de la boucle locale cuivre. Il est donc le seul responsable de la mise en oeuvre du réseau téléphonique (et ADSL) entre les prises téléphoniques des abonnés et les noeuds de raccordement. A ce titre, il est également le seul à avoir le droit d'intervenir sur cette partie du réseau. Par conséquent, France Télécom est le partenaire incontournable des collectivités locales qui souhaitent implanter des NRA Zone d'Ombre.

 

La solution NRA ZO n'est pas forcément applicable dans toutes les communes victimes des zones blanches. Des critères strictes de faisabilité sont déterminés par France Télécom. Une zone est éligible à l’offre NRA-ZO si :

 

  • chacun des sous-répartiteurs de cette zone dispose en moyenne de 40 lignes inéligibles à l'ADSL
  • aucun sous-répartiteur ne dispose de moins de 10 lignes inéligibles dans les communes rurales (20 lignes dans les autres zones)

 

 

Le coût d'un NRA Zone d'Ombre est difficile à évaluer. En effet, nombre de paramètres peuvent influencer l'investissement et faire en sorte que deux NRA ZO implantés dans deux communes différentes ne couteront pas le même tarif. De manière générale, on évoque un coût moyen de 50 et 150 000€ l'unité. Le prix peut monter si des travaux importants de génie civil (tranchées de fourreaux, enfouissement...) sont requis.

 

De même, le coût varie en fonction de la nature du lien de collecte entre le NRA-ZO et le réseau régional de télécommunications. Si le lien de collecte est en fibre optique, le NRA-ZO est plus cher mais les débits sont meilleurs. A l'inverse, si le réseau est uniquement en cuivre (ou en SDSL EFM - Ethernet on the First Miles), le coût du NRA ZO sera moins élevé.

 

Débit, TV et dégroupage sur les NRA-ZO

Bien que compactes, les armoires de rue transformées en NRA-Zone d'Ombre sont techniquement des NRA à part entière. Cela signifie que les DSLAM des opérateurs alternatifs sont susceptibles de complèter les DSLAM d'Orange. Tout comme les équipements qui fournissent le service IPTV.

 

Peu de NRA-ZO sont pour le moment concernés par le dégroupage et la TV par ADSL. Citons notamment ceux de Moselle (B4G57, G5E57, L5A57 et S9F57), et de celui de Braisnes dans l'Oise (B3N60) dégroupés par SFR, et ceux de Seine-et-Marne (XML77 et XMR77) équipés par Free/Alice.

 

Les débits d'un NRA-ZO sont hétérogènes et peuvent varier en fonction des liens de collecte mais également du nombre de lignes connectées sur le DSLAM. En fibre ou bien en SDSL EFM (agrégation de plusieurs paires de cuivre - liens Actelis), les débits peuvent monter en ADSL2+ jusqu'à 20 Mbit/s.

 

 

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